Françoise Chandernagor
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Françoise Chandernagor, née le 19 juin 1945 à Palaiseau (Essonne), est une femme de lettres et haut-fonctionnaire française. Membre de l'Académie Goncourt, elle a écrit une quinzaine d'ouvrages après avoir travaillé dans la haute administration française.
Contents
• Écriture
• Œuvres
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Biographie
Origines et études
Françoise Chandernagor est la fille d'André Chandernagor, ancien député de la Creuse et ministre des Affaires européennes du gouvernement Pierre Mauroy. Elle est aussi la petite-fille d'un maçon de la Creuse et d'un artisan-couteliercite-ref-1[1] de la Vienne. Cette famille limousine est issue d'un esclave indien, dit « Bengale », qui reçut le nom de Charles-François Chandernagor à son affranchissement et à son baptême dans la seconde moitié du XVIIIe sièclecite-ref-le-monde-2-0[2]. Charles-François Chandernagor fut élevé par sa marraine à Bussy-Castelnau dans le Cher. Il devint ensuite cuisinier dans le Poitoucite-ref-3[3].
Françoise Chandernagor, mariée en premières noces à Philippe Jurgensen, énarque, inspecteur général des finances, dont elle eut trois enfants puis divorça, et en deuxièmes noces mariée à Gérard Denis de Senneville-Grave, inspecteur général de l’Équipement, a toujours partagé sa vie entre Paris et la Creusecite-ref-le-monde-2-1[2].
Elle étudie à l'école Jules-Ferry (Palaiseau), puis au lycée Marie-Curie (Sceaux). Elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, 1965)cite-ref-4[4], et est titulaire d'une maîtrise de droit public. Elle entre à vingt et un ans à l'École nationale d'administration (ENA), d'où elle sort deux ans plus tard major de sa promotion. Elle est alors la première femme à obtenir ce rangcite-ref-5[5].
Carrière professionnelle
En 1969, elle intègre le Conseil d'État, où elle va exercer différentes fonctions juridictionnelles, notamment celles de rapporteur général. En 1991, elle a rédigé le rapport annuel du Conseil d'État sur l'insécurité juridique.
Elle a occupé aussi plusieurs postes dans des administrations extérieures, tant dans le secteur culturel que dans des services économiques, et a assumé à titre bénévole des responsabilités dans des organismes caritatifs, notamment la vice-présidence de la Fondation de France jusqu'en 1988 et la vice-présidence de la Fondation d'Aguesseau. Elle déclare avoir été plusieurs fois approchée pour occuper divers postes ministériels.
Écriture
Elle quitte l'administration et abandonne sa carrière de fonctionnaire en 1993 pour se consacrer entièrement à l'écriture. Elle est membre de l'académie Goncourt depuis 1995cite-ref-le-monde-2-2[2].
Depuis 1981, date à laquelle elle a publié L'Allée du Roi (mémoires imaginaires de Madame de Maintenon, seconde épouse de Louis XIV), Françoise Chandernagor a écrit douze romans, deux essais et une pièce de théâtre (jouée à Bruxelles en 1993-1994 et à Paris en 1994-1995, reprises à Bruxelles, puis à Paris, dans les années 2000). Plusieurs de ses romans ont été traduits dans une quinzaine de langues, et deux d'entre eux (L'Allée du Roi et L'Enfant des Lumières) ont fait l'objet d'adaptations télévisuelles.
En 2000, Françoise Chandernagor s'intéresse à l'affaire Godard en faisant paraître dans Le Figaro littéraire, sous forme de feuilleton, Le Roman vrai du Dr Godardcite-ref-6[6]. La famille de l’épouse du docteur Godard fera interdire, en référé, par un juge de Caen, la publication du feuilleton, pour « atteinte à l'intimité de la vie privée »cite-ref-7[7]. Le roman devait paraître en quatre épisodes. L’auteur n’aura pu en publier que le premier. La décision a été ensuite confirmée par la cour d’appelcite-ref-8[8] et la Cour de cassation en 2005cite-ref-9[9].
Dans La Chambre, en 2002, elle reprend le mécanisme des mémoires imaginaires pour dépeindre la vie d'un jeune enfant emprisonné par des révolutionnaires, qui est en fait le jeune Louis XVII.
Françoise Chandernagor est ancienne présidente du prix Jean-Giono et du prix Chateaubriand ; elle est membre de l'académie Goncourt (depuis juin 1995) et vice-présidente de cette académie depuis 2010. Elle est vice-présidente de l'association « Liberté pour l'histoire » créée par René Rémond et Pierre Nora.
Télévision
Elle participe ponctuellement à l'émission Secrets d'histoire, présentée par Stéphane Bern. Elle a notamment collaboré aux numéros suivants :
• Elles ont régné sur Versailles (2008)
• L’irrésistible ascension de madame de Maintenon (2014)
• Cléopâtre ou la beauté fatale (2016)cite-ref-10[10]
• Madame de Montespan le grand amour de Louis XIV (2020)cite-ref-11[11]
Distinctions
• Grand-croix de l'ordre national du Méritecite-ref-12[12]
• Prix des ambassadeurs (1981)
• Prix des lectrices de Elle (1982)
• Chateaubriand 1990cite-ref-13[13]
• Prix Pierre-Lafue (2003)
• Prix Palatine du roman historique (2012), Prix Sola Cabiati de la Ville de Paris
• Prix Arverne 2025
Œuvres
• 1981 : L'Allée du Roi, Julliard (Paris) (ISBN 2260002609). Il a été adapté à la télévision par Nina Companeez en 1995
• Leçons de ténèbres (3 vol.) :
• 1991 : L'Ombre du Soleil (monologue théâtral d'après L'Allée du Roi)
• 1994 : L'Allée du Roi, Monologue pour le théâtre (collection Arlequin, éd. Gallimard)
• 2002 : La Chambre, collection blanche, Gallimard (ISBN 2070767140), 27e Prix Fondation Pierre-Lafue 2003
• 2011 : Les Enfants d'Alexandrie, Albin Michel (1er volume d'une tétralogie La Reine oubliée consacrée à Cléopâtre Séléné II) (ISBN 222622131X)
• 2012 : Les Dames de Rome, Albin Michel (2e volume de la tétralogie La Reine oubliée) (ISBN 2226240047)
• 2024 : L'Or des rivières, Gallimard
Analyse de l'œuvre
• Leçons de Lumière : Lettre ouverte à Françoise Chandernagor, de Michel Rheault, aux éditions Nota bene (Montréal, 2006) et Mercure de France (Paris, 2007) - (ISBN 2715226578).
Notes et références
cite-note-11. ↑ [1] Les Goncourt dans leur siècle: un siècle de "Goncourt" (p. 425), Jean-Louis Cabanès, Robert Kopp, Jean-Yves Mollier - 2005 - 462 pages.
cite-note-le-monde-22. cosnard2024denis-cosnard2024Denis Cosnard, « Françoise Chandernagor, romancière : « A Sciences Po, on m’appelait la “petite prolétaire” » », sur lemonde.fr, 12 mai 2024 (consulté le 12 mai 2024).
cite-note-33. ↑ Archives départementales du Cher, paroisse de Plou, 1760. Archives départementales de la Vienne, paroisse Saint-Nicolas de Civary, 1780.
cite-note-55. ↑ Françoise Chandernagor, interviewée par Caroline Pigozzi, « Jude et Jésus - Enfants de la fratrie », Paris Match, no 3444, semaine du 21 au 27 mai 2015, page 16.
cite-note-66. ↑ Françoise Chandernagor, « Ce que voulait Marie », premier épisode du Roman vrai du Dr Godard, Le Figaro littéraire, 6 juillet 2000.
cite-note-77. ↑ Franck Johannes, « La justice interdit le feuilleton du "Figaro" sur l'affaire Godard », Le Monde, 14 juillet 2000.
cite-note-88. ↑ Anna Arzoumanov, « Le fait divers littéraire au tribunal : une jurisprudence stylisticienne ? », Recherches & Travaux, 2018.
cite-note-99. ↑ Cour de cassation - Première chambre civile27 septembre 2005 / n° 03-13.622
cite-note-1010. ↑ « "Cléopâtre ou la beauté fatale" dans "Secrets d'histoire" ce soir sur France 2 », sur lezappingdupaf.com (consulté le 18 octobre 2020)
cite-note-1111. ↑ « Secrets d’Histoire - Madame de Montespan, le grand amour du Roi Soleil », sur France.tv (consulté le 10 octobre 2020)
cite-note-1212. ↑ Décret du 13 novembre 2014
cite-note-1414. ↑ Claire Chartier, « Affaire Godard : la polémique Chandernagor », L'Express, 27 juillet 2000.
Liens externes
• Ressources relatives à la littérature : Académie française (lauréats) Projet de recherche en littérature de langue bretonne
• Ressource relative au spectacle : Les Archives du spectacle
• Ressource relative à plusieurs domaines : Radio France
• Ressource relative à la musique : Discogs
• Ressource relative à l'audiovisuel : IMDb
• Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Deutsche Biographie Dictionnaire universel des créatrices
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